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Espace formation M3 — Bases anatomiques et physiologiques

Oxydation des lipides et des protides

Le réservoir immense, et le carburant qu'on n'aime pas brûler.

≈ 20 min de lecture · 5 questions

Les lipides : un réservoir considérable

Là où le glycogène représente quelques milliers de kilocalories, les réserves lipidiques d'un individu même mince en représentent plusieurs dizaines de milliers. Le problème n'est pas la quantité : c'est le débit.

Lipolyse

Les triglycérides du tissu adipeux — et ceux stockés dans le muscle — sont hydrolysés en glycérol et acides gras libres. Le glycérol rejoint la glycolyse ou la néoglucogenèse ; les acides gras sont transportés jusqu'au muscle, puis dans la mitochondrie via la navette à carnitine.

Bêta-oxydation (hélice de Lynen)

Dans la matrice mitochondriale, l'acide gras est découpé en fragments de 2 carbones : chaque tour de l'hélice produit un acétyl-CoA, un NADH et un FADH₂. Un acide gras à 16 carbones fournit ainsi 8 acétyl-CoA — d'où un rendement total de l'ordre de 100 à 130 ATP selon la molécule. Le rendement par gramme est très supérieur à celui des glucides.

Alors pourquoi ne brûle-t-on pas que des graisses ?

Parce que la voie est lente : mobilisation, transport sanguin, navette à carnitine, hélice de Lynen. Et parce qu'elle est coûteuse en oxygène : oxyder un lipide consomme plus d'O₂ par ATP produit qu'oxyder un glucide. À intensité élevée, quand l'oxygène devient le facteur limitant, l'organisme privilégie le glucide, plus économe en O₂ et plus rapidement mobilisable.

D'où la règle bien connue : la contribution relative des lipides est maximale aux intensités faibles à modérées, et s'effondre quand l'intensité monte. En savate, on est massivement sur les glucides pendant l'assaut ; les lipides travaillent surtout pendant les récupérations et à l'échauffement.

Les protides

Les acides aminés peuvent être utilisés comme substrat, après transamination ou désamination : ils rejoignent le cycle de Krebs ou la néoglucogenèse (cycle glucose-alanine). Mais leur contribution reste marginale — de l'ordre de quelques pour cent — sauf dans deux cas : effort très prolongé avec glycogène épuisé, et restriction énergétique importante.

Ce n'est jamais une bonne nouvelle : utiliser des protides comme carburant, c'est puiser dans la structure. C'est une raison physiologique de plus pour ne pas laisser un tireur s'entraîner dur à jeun ou en déficit sévère — a fortiori en période de perte de poids avant une pesée.

À retenir

  • Lipolyse → acides gras → navette à carnitine → bêta-oxydation → acétyl-CoA.
  • Rendement lipidique élevé (100+ ATP) mais débit lent et coût en O₂ supérieur.
  • À haute intensité, l'organisme privilégie les glucides.
  • Les protides sont un carburant marginal : y recourir, c'est puiser dans la structure.

Vérification des acquis

5 questions

Une seule bonne réponse par question. La correction s'affiche après validation.

1 Comment les acides gras entrent-ils dans la mitochondrie ?
2 Que produit chaque tour de la bêta-oxydation ?
3 Pourquoi l'organisme privilégie-t-il les glucides à haute intensité ?
4 Quelle est la contribution habituelle des protides à la fourniture d'énergie à l'effort ?
5 Pourquoi éviter les entraînements durs en déficit énergétique sévère ?