Espace formation M3 — Bases anatomiques et physiologiques
Oxydation des lipides et des protides
Le réservoir immense, et le carburant qu'on n'aime pas brûler.
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Les lipides : un réservoir considérable
Là où le glycogène représente quelques milliers de kilocalories, les réserves lipidiques d'un individu même mince en représentent plusieurs dizaines de milliers. Le problème n'est pas la quantité : c'est le débit.
Lipolyse
Les triglycérides du tissu adipeux — et ceux stockés dans le muscle — sont hydrolysés en glycérol et acides gras libres. Le glycérol rejoint la glycolyse ou la néoglucogenèse ; les acides gras sont transportés jusqu'au muscle, puis dans la mitochondrie via la navette à carnitine.
Bêta-oxydation (hélice de Lynen)
Dans la matrice mitochondriale, l'acide gras est découpé en fragments de 2 carbones : chaque tour de l'hélice produit un acétyl-CoA, un NADH et un FADH₂. Un acide gras à 16 carbones fournit ainsi 8 acétyl-CoA — d'où un rendement total de l'ordre de 100 à 130 ATP selon la molécule. Le rendement par gramme est très supérieur à celui des glucides.
Alors pourquoi ne brûle-t-on pas que des graisses ?
Parce que la voie est lente : mobilisation, transport sanguin, navette à carnitine, hélice de Lynen. Et parce qu'elle est coûteuse en oxygène : oxyder un lipide consomme plus d'O₂ par ATP produit qu'oxyder un glucide. À intensité élevée, quand l'oxygène devient le facteur limitant, l'organisme privilégie le glucide, plus économe en O₂ et plus rapidement mobilisable.
D'où la règle bien connue : la contribution relative des lipides est maximale aux intensités faibles à modérées, et s'effondre quand l'intensité monte. En savate, on est massivement sur les glucides pendant l'assaut ; les lipides travaillent surtout pendant les récupérations et à l'échauffement.
Les protides
Les acides aminés peuvent être utilisés comme substrat, après transamination ou désamination : ils rejoignent le cycle de Krebs ou la néoglucogenèse (cycle glucose-alanine). Mais leur contribution reste marginale — de l'ordre de quelques pour cent — sauf dans deux cas : effort très prolongé avec glycogène épuisé, et restriction énergétique importante.
Ce n'est jamais une bonne nouvelle : utiliser des protides comme carburant, c'est puiser dans la structure. C'est une raison physiologique de plus pour ne pas laisser un tireur s'entraîner dur à jeun ou en déficit sévère — a fortiori en période de perte de poids avant une pesée.
À retenir
- Lipolyse → acides gras → navette à carnitine → bêta-oxydation → acétyl-CoA.
- Rendement lipidique élevé (100+ ATP) mais débit lent et coût en O₂ supérieur.
- À haute intensité, l'organisme privilégie les glucides.
- Les protides sont un carburant marginal : y recourir, c'est puiser dans la structure.
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