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Espace formation M3 — Bases anatomiques et physiologiques

Le système glycolytique : glycogénolyse et glycolyse

La filière du milieu : puissante, rapide, mais coûteuse.

≈ 20 min de lecture · 5 questions

Glycogénolyse : ouvrir le stock

Le muscle et le foie stockent le glucose sous forme de glycogène. La glycogène phosphorylase en détache une unité et produit du glucose-1-phosphate, converti par la phosphoglucomutase en glucose-6-phosphate.

Une nuance décisive : dans le muscle, le G6P entre directement en glycolyse — le muscle ne possède pas de glucose-6-phosphatase et ne peut donc pas relâcher de glucose dans le sang. Dans le foie (et le rein, l'intestin), l'enzyme existe : le G6P y est déphosphorylé en glucose, qui sort de l'hépatocyte par GLUT2 pour corriger l'hypoglycémie. Le muscle est égoïste, le foie est solidaire.

Glycolyse : la voie d'Embden-Meyerhof-Parnas

Dans le cytosol, le glucose est dégradé en pyruvate, au terme d'une dizaine de réactions. Étapes-clés : l'hexokinase (qui coûte 1 ATP), la phosphofructokinase (PFK) — enzyme régulatrice majeure, qui coûte 1 ATP —, puis les étapes de restitution qui produisent 4 ATP et 2 NADH.

Bilan net :

  • à partir du glucose sanguin : 4 ATP produits − 2 ATP investis = 2 ATP nets ;
  • à partir du glycogène musculaire : l'étape hexokinase est court-circuitée, on n'investit qu'1 ATP = 3 ATP nets.

C'est peu, comparé aux ~30 ATP de la voie oxydative. Mais c'est rapide : c'est la puissance qui compte ici, pas le rendement.

Glycolyse rapide, glycolyse lente

Le sort du pyruvate dépend du débit :

  • Glycolyse lente (dite aérobie) : le pyruvate entre dans la mitochondrie, est décarboxylé en acétyl-CoA et rejoint le cycle de Krebs.
  • Glycolyse rapide (dite anaérobie) : quand la production de pyruvate dépasse la capacité mitochondriale, la lactate déshydrogénase réduit le pyruvate en lactate, ce qui régénère le NAD⁺ indispensable à la poursuite de la glycolyse.

Le lactate n'est pas un déchet

C'est l'un des points les plus mal enseignés du sport. Le lactate n'est pas responsable des courbatures, et ce n'est pas lui qui « brûle » — l'acidose vient de l'accumulation de protons, pas du lactate lui-même. Le lactate est un carburant : il est navetté (lactate shuttle) vers les fibres oxydatives, le cœur, le foie, où il est reconverti en pyruvate ou en glucose (néoglucogenèse, cycle de Cori).

Produire du lactate n'est donc pas un échec métabolique : c'est le signe d'un débit glycolytique élevé. Ce qui limite le tireur, c'est sa capacité à le recycler — et cette capacité est, encore une fois, aérobie.

Schémas

La glycogénolyse : du glycogène au glucose-6-phosphate ; la glucose-6-phosphatase n'existe pas dans le muscle.
La glycogénolyse : du glycogène au glucose-6-phosphate ; la glucose-6-phosphatase n'existe pas dans le muscle.
Schéma général du système glycolytique : investissement de 2 ATP, production de 4 ATP et 2 NADH.
Schéma général du système glycolytique : investissement de 2 ATP, production de 4 ATP et 2 NADH.
Navette du lactate : le lactate produit dans le cytosol est réutilisé comme carburant.
Navette du lactate : le lactate produit dans le cytosol est réutilisé comme carburant.

À retenir

  • Bilan net : 2 ATP à partir du glucose, 3 ATP à partir du glycogène musculaire.
  • Le muscle n'a pas de glucose-6-phosphatase : il ne restitue pas de glucose au sang. Le foie, si.
  • La LDH régénère le NAD⁺ : produire du lactate permet de poursuivre la glycolyse.
  • Le lactate est un carburant recyclé, pas un déchet ; l'acidose vient des protons.

Vérification des acquis

5 questions

Une seule bonne réponse par question. La correction s'affiche après validation.

1 Quel est le bilan net en ATP de la glycolyse à partir du glycogène musculaire ?
2 Pourquoi le muscle ne peut-il pas libérer de glucose dans le sang ?
3 Quel est le rôle de la lactate déshydrogénase dans la glycolyse rapide ?
4 Le lactate est-il responsable des courbatures ?
5 Quelle enzyme constitue le principal point de régulation de la glycolyse ?